Le gliome pontique intrinsèque diffus (DIPG) est une tumeur cérébrale très agressive qui touche principalement les enfants entre 5 et 10 ans. Elle se développe dans le tronc cérébral, une zone vitale pour la respiration et la motricité. Les symptômes apparaissent rapidement : troubles de la vision, difficultés à parler ou avaler, problèmes d’équilibre, maux de tête et vomissements.
Le pronostic est dramatique : la survie moyenne est d’environ 9 mois, et moins de 10 % des enfants vivent au-delà de deux ans. Actuellement, la radiothérapie est le seul traitement standard, offrant un soulagement temporaire.
Des approches innovantes, comme les cellules
CAR T (CAR T cells: cellules immunitaires modifiées pour attaquer la tumeur), sont en cours d’essai. Elles ciblent une molécule appelée GD2, présente sur les cellules tumorales. Mais GD2 se trouve aussi dans certaines cellules saines du cerveau et des nerfs.
Résultat: ces traitements peuvent provoquer des inflammations graves et des effets neurotoxiques, car ils attaquent aussi des tissus vitaux.
Pour réduire ces risques, une nouvelle cible, OAcGD2, suscite beaucoup d’espoir: elle est présente dans les tumeurs mais pratiquement absente du cerveau sain. Cela permettrait d’attaquer la tumeur sans endommager les tissus essentiels.
L’équipe du Pr Denis Migliorini développe une nouvelle génération de cellules CAR-T ciblant OAcGD2, avec l’ambition d’offrir aux enfants atteints de gliome pontique intrinsèque diffus (DIPG) une thérapie à la fois plus sûre et plus efficace.
Le projet poursuit deux objectifs majeurs.
Le premier consiste à concevoir et évaluer des cellules CAR-T capables de reconnaître spécifiquement les cellules tumorales sans endommager les tissus sains. Les chercheurs analyseront leur efficacité contre les cellules de DIPG, leur capacité à rester actives dans le temps ainsi que leur sécurité, à la fois sur des modèles expérimentaux et sur des tissus humains.
Le second objectif vise à renforcer l’efficacité du traitement et à limiter les risques de rechute. Les tumeurs pouvant évoluer pour échapper aux thérapies, l’équipe souhaite développer des CAR-T capables d’activer d’autres cellules immunitaires directement au sein de la tumeur. Cette approche permettrait d’élargir l’attaque contre les cellules cancéreuses tout en limitant les effets secondaires grâce à une action ciblée et localisée.
À terme, ce projet pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération d’immunothérapies plus précises et mieux tolérées pour les enfants atteints de cancers cérébraux agressifs.
Ce projet est rendu possible grâce au soutien de la Fondation BRYN TURNER-SAMUELS.